ARTICLE DE NICOLE ESTEROLLE Historiens d'art et critiques d'art par nicole Esterolle

 1/ L’art « contemporain » :  une pure invention des historiens d’art

 


L’histoire de la France a été faite par les français, l’histoire de la cuisine française a été faite par des cuisiniers, les grandes batailles ont été faites par des soldats et des peuples en révolte,  l’histoire de l’art a été faite jusque dans les années 50, par les artistes…et non par les historiens spécialisés…Mais pour ce qui est de l’art « contemporain », il semble bien que ce soit les historiens eux-mêmes qui , aujourd’hui, font l’histoire en fabricant eux-mêmes un art dont il feront l’histoire. Un art du court terme, sans avenir, et qui n’existerait pas sans eux. Un art sans art, dont l’inscription historique est  on ne peut plus artificielle, ex- nihilo et hors de son éco-système naturel .Un art factice, éphémère et non-durable , qui force et fausse l’histoire et s’y introduit par brutale  effraction ravageuse de sens…et qui , à terme, ne s’inscrira pas dans la vraie histoire de l’art, si celle-ci  renaît un jour sur les décombres de la fausse.


On constate que 90% des acteurs de l’art « contemporain » sont diplômés, licenciés, agrégés d’histoire de l’art. Ils sont ainsi critiques d’art, chroniqueurs, pigistes au Monde, curators, commissaires, chargés de mission, directeurs  et trices de FRAC ou de MAC ou de GNAC, adjoints à la culture, Conseillers artistique régionaux, Experts auprès des banques de placement, et,  bien évidemment aussi , professeurs d’histoire de l’art …. Ils forment un maillage métastasique serré sur l’ensemble de l’hexagone. ..


L’ engeance la plus redoutable étant celle des critiques-historiens d’art, capables de critiquer et d’historiciser tout à la fois, quand ils ne sont pas en plus philosophes ou scientifiques de l’art…Sans parler des sociologues bodybuildés comme Alain Quemin, adepte de l’ « observation participante » dans les grands vernissages mondains…..Sans parler de Catherine Millet qui incarne l’histoire entière de l’art contemporain à qui elle a donné son corps , dans son propre métabolisme et ses pratiques sexuelles.


Ils savent reconnaître ou fabriquer les artistes casseurs de codes, qui font « avancer l’art » et « apportent à son histoire »…Les rebelles , les engagés, les subversifs subventionnables et financiarisables,  les combattants de la liberté et du progrès en art et ailleurs.


C’est à ces critiques-historiens multi-casquettes  que l’on doit la plupart des écoles et courants qui ont « fait histoire » et font matière à enseignement en Ecole des Beaux-Arts et Universités  d’arts plastiques . C’est à eux que l’on doit la « Figuration Narrative », Fluxus canal historique, la « Figuration Libre » , l’ « Arte povera », le Nouveau Réalisme (du flamboyant baratineur Restany),etc.,  sans oublier la celle qui a fait le plus de ravages : « Supports-surfaces » …groupant une douzaine d’artistes figurant sur la couv jointe d’Art Press


Notons le cas de « l’école de Nice » qu’un critique d’art n’a pas réussi à  faire exister historiquement, parce qu’aucun des artistes présumés la représenter n’a accepté d’en faire partie…Sauf Benjamin Vautier des hauteurs de Saint Pancrace à Nice, qui se considère comme  une école à lui tout seul.


Toutes ces « écoles » plus ou moins bidon, ont surtout apporté en termes de sur-cote et survalorisation financières des artistes qui en étaient les protagonistes et/ou complices plus ou moins avoués, aujourd’hui vieux barbons cacochymes grassement retraités du service public de l’art, et touchant en plus régulièrement grasses ristournes  de la vente de leurs vieilles œuvres en salle des ventes au nom du « droit de suite »…


Quand l’histoire de l’art festoie gaiement.


Il existe même, un Festival de l’histoire de l’art ( carrément !) , dont l’édition 2023 a eu lieu au Château de Fontainebleau et dans différents lieux à proximité, et qui « s’articule autour du thème du climat et de la Belgique. » Ben voyons! Pourquoi se gêner ?


« Amateurs et professionnels, néophytes et spécialistes, tous les publics ont été conviés à découvrir l’histoire de l’art et son actualité.


Ce festival a aussi  pour objectif de faire dialoguer l’histoire de l’art avec les autres disciplines, des sciences humaines (littérature, philosophie, géographie, anthropologie et sociologie…) aux sciences dures (chimie, physique, mathématiques…), des artistes eux-mêmes aux chercheurs et éditeurs du monde de l’art. Il promeut enfin toutes les formes d’expression artistiques et l’échange autour d’ateliers et de rencontres. 

Conférences, tables rondes, projections de films, expositions, salon du livre et de la revue d’art, rencontres étudiantes et professionnelles, visites, concerts… et il a même des ateliers d’histoire de l’art  pour enfants ! »


2/ Y a-t-il un sociologue de l’art dans l’avion ?


 C’est la bonne question à se poser, quand on voit, par exemple, le crédit et la valeur donnés  aux petits carrés de Toroni , sur le marché spéculatif, dans  l’histoire de l’art et dans la tête décérébrée des agents de l’art contemporain institutionnel …


L’inepte toronien (comme le burénien d’ailleurs) est-il de nature génétique, post-traumatique, consanguino-dégénrative, psycho-pathologique, ou plus simplement …sociologique ?


 Mais alors, où sont les sociologues pour s’occuper de ça ?


 A part Madame Heinich, l’enfonceuse de portes ouvertes, et Monsieur Quemin le body-builé infiltré en « obvervation ârticipative », dans les grands vernissages mondains qui occupent à eux deux tout l’espace médiatique, on n’en voit guère qui osent faire un vrai travail,  de terrain, de coltinage avec la réalité d’un système de reconnaissance de l’art en proie à un  délire qui ,pourtant, ne peut être expliqué sous l’angle sociologique…


Tout comme on connait les raisons de l’interdiction de certaines statistiques ethniques pour préserver certains dénis de réalité, on comprend aussi bien les raisons du même ordre, qui impliquent cette impossibilité  d’un vrai travail d’analyse des mécanismes de fausse valorisation et  de légitimation abusive de l’art… On sait le risque professionnel que prendraient les universitaires à faire de vraies enquêtes de proximité, à concevoir des questionnaires pertinents à utiliser pour établir des statistiques, cerner   la typologie socio-culturelle  des différents publics de l’art correspondant aux différents types d’offre artistique selon leur taux de contenu proprement artistique: art conceptuel, street-art, galeries prospectives, FIAC, salons d’artistes, galeries de placement financier, galeries municipales subventionnées, FRAC, l’expo d’Hyber à la Fondation Cartier,  etc… On sait le risque de cancelisation, de réactionnarisation  et de mise au goulag que prendrait tel universitaire qui oserait étudier le mécanisme de production des  innombrables impostures artistiques asphyxiant le champ de le création d’aujourd’hui.


Ainsi, est-il permis de penser que si l’art a besoin de la sociologie, ce n’est évidemment pas   pour s’ingérer bêtement dans ses mystérieuses nécessités intérieures, mais bien pour en nettoyer les abords et les voies d’accès…Car l’ évidence immédiate , la magie et le mystère inhérents à  l’art véritable, sont irréductibles à toute analyse de quelque ordre que ce soit … quoiqu’en ait pensé Bourdieu, qui , réduisant  la fonction de l’art de façon plutôt simpliste, au seul « signe de distinction », n’avait donc pas le sens du transcendant et, pour cela,  s’est bien fourvoyé en collaborant avec  l’artiste allemand Hans Haacke.


 Le plasticien Hans Haacke, précurseur  de l’art conceptualo-bidulaire ,sociétalo-engagé (pas encore éco-responsable, durable et décarbonné) ,  avait carrément défoncé le sol du paviillon de l’Allemagne à la Biennale de Venise (image 02 )pour dénoncer le nazisme des « mécanismes de domination » en art… (sujet de prédilection de  Bourdieu)…Notons cependant qu’ après la publication du livre Bourdieu-Haacke « Libre Echange » (image 05), le prix  des œuvres de Hans Haacke (image 04) a bondi sur le grand marché spéculatif…Comme si le travail de Bourdieu avait consolidé les mécanismes d’aliénation et de survalorisation de l’inepte, qu’il voulait dénoncer… Cruelle autant que cocasse déconvenue !


 Nous avons déjà en France, la critique d’art la plus calamiteuse et asservie du monde… Nous avons une sociologie de l’art en tous points semblable.


TEXTE DE NICOLE ESTEROLLE 

 


 


 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

POESIE LE DESIR SYMBOLIQUE

ARTICLE D"AUDE DE KERROS : DE LA CONFUSION COGNITIVE ORGANISEE PAR LA REPETITION A L INFINI DE LA CONFUSION SEMANTIQUE